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CUISSON IOI
argile cuisant jaune et une autre rouge) que l'on a réduites
en poudre renfermant 5 à 6 ‘/, d'humidité.
Le façonnage se fait à la presse et nécessite des calibres
correspondants au dessin. On pose sur le moule une première pièce correspondant au dessin et formée de lamelles
verticales ne pouvant pas par conséquent gêner la chute
de la poudre. Sur ceci on place alors un calibre constitué de la même manière, mais donc les parties ne correspondant pas à la couleur sont bouchées. En jetant
alors l'argile rouge dans le calibre au rouge on fera
tomber de ia terre en poudre rouge aux seuls endroits où
le rouge doit paraître. Ce calibre au rouge sera remplacé
par le calibre au jaune qui porte avec lui des ouvertures
correspondant au jaune et dont la partie représentant le
rouge est fermée. La poudre jaune ne pourra donc tomber
qu'aux endroits où il y a du jaune. Ceci fait, on a appliqué
au fond du moule seulement une légère couche jaune et -
rouge. On remplira le reste du moule avec une argile grossière pulvérisée et l’on pressera le tout à la presse hydraulique. :
La difficulté du procédé réside dans l’accord des terres.
$ 2. — Cuisson
58. — Les carreaux ne peuvent se cuire en contact
avec le combustible, on les cuira donc soit dans des fours
intermittents, soit dans des fours à gaz de gazogène.
En général le carreau incrusté se fait en grès, nous en
reparlerons plus loin.
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102 PIERRES ET MATÉRIAUX ARTIFICIELS
IV. TUYAUTERIE
5g. — Le tuyau de terre cuite n'offre pas par sa tex—
ture l'imperméabilité qu'offre le tuyau de grès, aussi,
quand il s'agit de conduits devant servir au passage des
liquides a-t-on recours à des tuyaux de ce dernier produit. Nous nous en occuperons un peu plus loin.
Ici, nous n'avons à envisager, au point de vue de la
construction, que la tuyauterie servant à la confection des
cheminées.
60. — Pour les conduits de cheminées, on se sert de
poteries de terre cuite désignées sous le nom de wagons
et de boisseaux.
Les wagons sont quadrangulaires et sont construits de
manière à se superposer. Ordinairement, on les combine de
manière à permettre un emboîtement latéral obtenu au
moyen de deux parties extérieures, comme on le voit sur
‘la figure. Chaque wagon porte une pièce d’emboitement
à droite et à gauche, mais cette pièce peut n'occuper que
la moitié de sa hauteur. On confectionne les wagons à la
presse et à la filière. Seulement la filière donne le‘ tenon
d'emboîtement sur toute la longueur du wagon. On la
coupe sur la moitié de la hauteur une fois le wagon ter-
. miné.
Les presses destinées à la confection de pièces aussi
grosses sont construites un peu différemment des presses
précédentes. Pour chasser à travers la filière de grosses
masses de terre comme celles que consomment les wagons,
une hélice ou des cylindres ne suffisent plus, on presse le
mélange à l’aide d’un piston à vapeur. Le façonnage est
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TERRES CUITES ARCHITECTURALES 103
forcément intermittent, car il faut arrêter au moment où
la pièce a la longueur voulue, et au moment de recharger
la presse avec de l'argile.
On dispose la filière horizontalement, la pressée se faisant alors verticalement. La pâte est reçue sur un plateau
équilibré et coupée à l'aide d’un fil.
Les boisseaux sont des conduits cylindriques qui s’emboîtent par la partie inférieure.
On les façonne également à la
filière et fait l'emboitement à la main. Cet emboîtement
comprend une diminution du diamètre extérieur à un bout
et une augmentation correspondante du diamètre intérieur
pour permettre l'entrée de la portion ainsi amincie.
Les wagons servent aussi à faire des conduits biais ;
pour ce genre de construction, on est obligé de les couper
obliquement et de les recevoir sur un plateau incliné afin
de leur donner la forme désirée.
V. TERRES CUITES ARCHITECTURALES
61. — Les briques et les tuiles, surtout les premières,
forment les deux matériaux principaux de la construction
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en terre cuite. Il a fallu pour compléter la parure des édifices, comme nous l’avons dit, créer une fabrication
d’autres pièces moins employées, plus chères, destinées à
donner de l'agrément à la construction.
$ 1. — FAÇONNAGE DES TERRES CUITES ARCHITECTURALES
Fig. 38
du passage à la filière. La pâte, étalée en blocs subit le
passage d’un calibre mû à bras d'hommes, qui lui donne
la forme désirée.
63. Briques creuses. — Les briques creuses ont
l'avantage d’être moins lourdes que les briques pleines,
tout en offrant une certaine solidité.
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FAÇONNAGE DES TERRES CUITES ARCHITECTLRALES 105
On les obtient au moyen d'une filière spéciale, que
nous représentons ici et qui comprend des noyaux de fer
placés dans l'ouverture de la filière, à la place exacte où il
doit y avoir des vides. Cës noyaux sont maintenus par un
étrier. La filière se place comme une filière ordinaire, le
système des noyaux étant à l’intérieur de la machine.
64.— Dès que l'on sort des formes géométriques
simples, la fabrication se complique ; le façonnage mécanique ne peut plus s'appliquer, il faut recourir
au moulage à la main, _
plus lent.et plus coùteux. Presque toute l’ornementation en terre
cuite est faite par ce
moyen. Il faut s'attendre
à rencontrer dans cette .
fabrication plus de difficultés que dans les précédentes,
car il faudra prévoir les résultats probables des projets et
pouvoir assumer la responsabilité de la fabrication d’un
produit dont on devra savoir faire le prix à l'avance, car
la plupart du temps on ne fait pas de nombreuses séries
d'articles rigoureusement identiques.
Les moules sont faits en plâtre, nous en dirons la fabrication en parlant du plâtre. -
Le moulage se fait à la balle ou à la croûte, c'est-à-dire
en employant la pâte sous forme de balles ou de lames
préalablement unies, que l’on applique dans le moule et
tasse à la main d’une manière régulière, de manière à
bien faire épouser toutes les formes du moule et évitant
les pressées irrégulières qui provoqueraient des ruptures.
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On fait les pièces creuses quand elles sont un peu
grandes, de manière à leur donner moins de poids et à
faciliter leur dessiccation.
Il est important, quand on a du moulage à faire opérer,
de bien combiner ses moules, de manière à permettre un
démoulage facile.
Pour cela, les moules relatifs aux objets de forme un
pea complexe comprennent plusieurs morceaux, ce qui
rend possible la dépouille. La coupe des différentes parties
du moule exige des ouvriers exercés, car il faut l’opérer
de manière à ne pas compromettre certains détails.
On peut presser aussi certains ornements ayant peu de
reliefs et de rentrées. Les métopes, les faitières (fig. 4o) par
exemple,peuvent parfois se presser tout comme les carreaux.
$ 2. — DEssiccaATION ET CUISSON DES TERRES CUITES
ARCHITECTURALES
65. — La dessiccation des pièces de cet ordre demande
des précautions toutes spéciales ; elle doit être très régulière si l'on veut éviter des ruptures.
La cuisson est également délicate, elle doit s se faire lentement et à l'abri du contact des combustibles.
On cuit bien ces produits dans les fours à gazogène
d’abord, et aussi dans les fours-moufles. Sous ce nom, on
désigne des appareils composés d'une ou de plusieurs
chambres en produits réfractaires autour desquelles passent les flammes des foyers. Nous décrirons rapidement
le four moufle Augustin.
L'appareil comprend plusieurs chambres de moutles ;
on doit le construire avec plus de développement, mais six
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DESSICCATION ET CUISSON DES TERRES, ETC. 107
chambres suflisent pour la description. On ne doit pas
descendre au dessous de huit pour que le rendement soit
avantageux ; il est préférable d'en avoir dix au moins.
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108 PIERRES ET MATÉRIAUX ARTIFICIELS
Le four se compose de deux séries de chambres accotées ; entre les deux rangées se trouve un conduit en rela-
. lion avec la cheminée ; ce canal sert pour l'évacuation des
produits de la combustion. La communication avec la
cheminée s'établit par le moyen d’un obturateur à cloche.
Chaque chambre de moufle est desservie par deux
portes. Le chauffage s'effectue en dessous et par côtés.
Chaque chambre de moufle est chauffée par des systèmes
de tubes parcourus par les flammes, et par les flammes
passant sous la sole. ‘
Examinons le fonctionnement de l'appareil. Supposons
qu’il y a des moufles cuites (ce seront les derniers nu-—
méros, par exemple) et examinons ce qui se passe pour la
cuisson de 1. Devant chaque conduit se trouvent deux
obturateurs à cloche r et 2; l’obturateur 1 permet, lorsqu’on le soulève, l'entrée de l'air dans l'appareil, l'obturateur 2, quand il est levé, donne accès au gazogène. Ouvrons d’abord 1, l'air pénètre par dans les conduits déjà
chauds, puis ouvrons en 2, la communication avec la canalisation du gazogène ;: La combustion peut s’opérer alors
et la flamme laisse libre l’entrée sous la sole. En somme,
ce four ressemble à une sorte de four à chandelles, seule--
ment les chandelles sont enfermées dans une enveloppe
réfractaire. La manœuvre du four consiste à ouvrir et
fermer trois sortes de registres : les registres 1 qui amènent
le gazogène, les registres 2 qui introduisent l'air et les
registres 3 qui ouvrent la communication avec la cheminée.
Dans cet appareil, les canalisations du gazogène et de
l'air sont identiques, seulement c’est l'air qui traverse les
canalisations chaudes ‘et celles à échauffer ‘.
1 GRANGER, 2.